INTERVIEW

Laurent Brett créateur de génériques

“J'aime m'inspirer de chose inanimées. C'est étrange, non ?! Il faut que les images se regardent seules, l'animation est un second point pour moi.”

Hostage, 2005
The Artist, 2011
OSS 117: Le Caire, nid d'espions, 2006

Qu’est-ce qu’un générique pour vous ?

C'est l'introduction d'un film. Il n'est pas obligatoire, mais peux amener énormément de choses au spectateur pour le faire entrer dans un univers.

Comment en êtes-vous arrivé à créer des génériques ?

Un peu par hasard, parce que Florent Siri avec qui je travaillais sur des clips depuis plusieurs années m'a “embarqué” dans son aventure de “Nid de Guêpes” puis de “Hostage”. Entre les deux, j'avais participé au générique de la “Beuze” avec les “Specimens”. Et j'avoue qu'après “Hostage”, j'ai decidé de m'investir à fond dans ce média.

Pourquoi en faites-vous aujourd’hui?

Parce que j'aime ça plus que tout !! On a un contact avec les réalisateur privilégié, on fait parti d'un film. On a un rapport à l'image très gratifiant, sans réelles contraintes (en général, à part le budget !!!).

Quel est votre rapport avec le réalisateur et/ou la production ?

Très plaisant et créatif. Les réalisateurs sont à diviser en deux groupes : ceux qui ont une idée précise de ce qu'ils veulent et ceux qui vous laissent complètement vous exprimer. Mais dans les deux cas, on fait un générique qui doit s'intégrer au film. Cela implique qu'à un moment il doit être réaproprié par le réalisateur. Et c'est normal, c'est un morceau de son film. Les producteurs suivent les réalisateurs en France. Ce n'est pas comme aux States.

Pouvez-vous développer à propos de cette différence entre la France et les Etats-Unis ? Qu'est-ce qu cela change exactement ?

Les réalisateurs sont moins investis dans la post-production là bas. Souvent leur tâche s'arrête après le tournage. Ce sont les producteurs qui contrôlent tout et ont le dernier mot, donc ce sont eux les réels décideurs. En France, le réalisateur est là au montage, au mixage, va voir le musicien... et vient voir mes maquettes. Les producteurs je ne les vois que pendant les projections.

Quelle est l’importance du budget sur la qualité et la créativité de vos génériques ?

Capitale. Sans moyens, on ne peut pas aller au bout des choses dans de bonnes conditions.

Avez-vous dû faire des concessions par manque de budget ?

Oui mais dès le début, dans le “bridage” du cerveau car en général, je connais l'enveloppe dès le premier rendez-vous. J'esssaye donc de ne pas imaginer des folies si je sais qu'il n'y aura pas les moyens pour les faire.

Travaillez-vous seul ou en équipe ? Comment cela se passe-t-il ?

Les deux sont encore en vigueur !!! Je peux faire des films seul chez moi. Quand je travaille sur des génériques qui demandent des compétences que je n'ai pas, ou que le temps  me manque pour agir seul, je me pose chez SABOTAGE Studio qui m'accueille pour faire mes travaux divers de tournage ou de 3D.
Quand je conçoit des génériques où je tourne des choses (“Il reste du jambon ?”), j'ai besoin de cinq ou six personnes pour m'accompagner, par contre sur “OSS 117” ou “Légitime défense”, je fais ça tout seul.

Quel est votre rapport entre la musique et votre travail sur les génériques ?

Très important, mais on est dépendant du choix du réalisateur et de l'avancement des compositions au moment ou l'on travaille sur le générique. Des fois, on a une maquette au synthé alors que ce sera orchestré plus tard, des fois la musique change en cours de route !!!!

Comment faites-vous pour rythmer votre générique dans ce cas ? Sur quoi vous basez-vous ?

On a toujours une maquette ou un morceau choisit par le réalisateur, donc on se fie à ça, même si 100 musiciens rejouent un truc joué au synthé, ça reste le même morceau à la même vitesse. Mon anectote la plus drôle, c'est sur “Les chevaliers du ciel”. On a monté le générique sur un morceau de GINZHU, donc plutôt rock, et au final Gerad Pires a decidé de mettre du piano !!!! Et bien, ça marche quand même !!!!!!!!!!! comme quoi !!!!

À quel moment êtes-vous contacté dans la fabrication d’un film ? Combien de temps vous laisse-t-on pour votre création ?

Trop souvent au dernier moment, au moment du montage. Mais avec le temps je commence à nouer des liens avec les réalisateurs qui me permettent d'être investi dans la réflexion au moment du scénario.

Quelles sont vos influences ?

Les print... J'aime m'inspirer de chose inanimées. C'est étrange, non ?! Il faut que les images se regardent seules, l'animation est un second point pour moi.
Je trouve plus d'inspiration en regardant des pochettes de disques ou des affiches dans la rue que sur Vimeo ! Ça me pollue le cerveau de voir le travail des autres et souvent me déprime, je suis assez dur avec mon travail... On dit que je ne suis jamais content !

Pensez-vous que le générique devrait être considéré comme une œuvre à part
entière ? Pensez-vous que l’on devrait créer un prix aux Oscars, Césars,... pour récompenser les designers de générique ?

 A force oui, ne serait ce que pour que l'on existe en tant que créateurs artistiques reconnus dans le cinéma. Notre métier tient plus de la prestation technique que de l'artisitque pour beaucoup de producteurs.

Top 10 :

C'est difficile...

Le + classe : The man with a golden arm / To kill a mockingbird
Le + drôle : Monster Inc.
Le + ovni : Enter the void
Le + innovant : Seven
Le + émouvant :Gattaca
Le + musical : West side story
Le + mieux que le film : The hulk / Napoleon Dynamite
Le + moins bien que le film : Franchement, je ne sais pas.
Le + raté : Thelma, Louise, Chantal (désolé pour celui qui l'a fait !)
Le + meilleur : Dr No / Lemony snicket's unfortunate events

(2002)

La beuze (2003)

(2009)

(2011)

(2011)

Il reste du jambon (2010)

Les aventures de Philibert, capitaine puceau (2011)

Le premier jour du reste de ta vie (2008)

Une folle envie (2011)

Toi, moi, les autres (2010)

Potiche (2010)

L'Age de Raison (2010)

(2011)

Low Cost (2011)